Mai 2023

À sens unique ?

Édito
À l’aube d’un tournant historique, une ligne mortifère se trace. Celle d’un conflit militaire ouvert entre le camp des États-Unis et celui de la Chine. L’administration Biden se prépare à entrer en guerre contre la Chine. Deux projets vont s’affronter pour la domination mondiale : celui d’un monde multipolaire chinois, et celui du monde unipolaire des États-Unis. Les regards se tournent vers l’océan Pacifique, où les États-Unis construisent une alliance transnationale pour encercler la Chine et préserver leur hégémonie mondiale. L’hypothèse d’une nouvelle guerre mondiale n’a rien de réjouissante.

Les communes face aux Empires

Un texte d’Owen Sleater
Sans conteste, la situation historique actuelle prépare une guerre entre deux empires, l’hégémonie mondiale en toile de fond. On retrouve d’un côté l’Empire anglo-saxon (États-Unis, Grande-Bretagne, EU), de l’autre l’Empire chinois (Chine, Russie). Ces deux entités sont en passe de changer l’état actuel des choses et de rajouter une strate d’horreur par le passage de la guerre froide au conflit ouvert.

La guerre comme gouvernement

Un texte de Henry Fleury
La guerre est en nous. Elle s’abstient de tout épithètes. Si nous voulons comprendre la répression, c’est la notion anthropologique de guerre qu’il nous faut étudier.

Démocratie et infrastructurel du capital

Un texte d’Ezra Riquelme
Le passage en force du gouvernement Macron pour sa réforme des retraites a changé profondément la nature du conflit, mettant en avant une nouvelle fois la question épineuse de la démocratie. Pour autant, Macron a réussi à détourner l’attention du mouvement par l’amplification de la haine envers sa propre personne. Plus que jamais tout le monde le hait, il ne reste pas grand monde pour lui trouver un brin de sympathie. C’est une vérité éthique commune et généralisée. Néanmoins, cette vérité a perdu de sa puissance de rupture, prisonnière du piège conçu par le gouvernement.

Conspirations et imaginaire libéral

Un texte de Nicolas Guilhot
Ce n’est que lorsqu’ils se sont installés au centre de la politique américaine et se sont considérés comme les gardiens des institutions démocratiques que les libéraux ont rejeté l’idée de conspiration comme une vision erronée de la société et de l’État. Ce n’est pas une coïncidence si l’expression « théorie du complot » est devenue un terme d’opprobre dans les années d’après-guerre, lorsque les visions néolibérales de la société comme ordre spontané reposant sur des mécanismes de coordination décentralisés ont commencé à s’imposer.

Les infrastructures travaillent sur le temps

Un texte de Timothy Mitchell
Habituellement, lorsque l’on écrit à propos des infrastructures, on commence par la question de l’espace et l’on traite celle du temps comme une conséquence de la première. Les infrastructures créent des canaux et des connexions qui lient des points séparés, facilitant le mouvement entre eux. Les nouvelles routes de la soie chinoises illustrent cette association entre infrastructure et maîtrise de la distance. Ses promoteurs insistent sur le lien créé entre les continents et sur l’interconnexion des océans. Pourtant, cette insistance sur les infrastructures en tant qu’elles permettent de conquérir l’espace masque ce qui est souvent le plus important dans leur construction.

L’homélie sécuritaire

Un texte d’Henry Fleury
À l’image de chaque messe d’envergure mondiale, les Jeux olympiques de Paris en 2024 sont l’occasion d’homélies sécuritaires. Cette opération scélérate s’exprime dans de nombreuses politiques publiques plus crasses les unes que les autres. Comment ne pas s’émouvoir de la destruction des jardins partagés de quelques cités de banlieue ? Comment ne pas s’insurger contre la transformation de ces mêmes villes en paradis gentrifié pour classe dégueulasse ? Mais c’est l’avancée des grands projets sécuritaires qui incarne le mieux l’ambition fasciste que produit cette gouvernementalité. Plus qu’une simple opération de maintien de l’ordre, ce que provoquent ces événements est une bascule vers la sécurité globale.

Nuit d’émeute à Donges

Nous avons fait l’expérience de la communauté. Et je tâcherai d’utiliser les outils dont je dispose pour en rendre compte. C’est une nécessité. Nous ne sommes pas toutes et tous séparés du temps historique, nous ne vivons pas toutes et tous les événements par le prisme d’une représentation qui nous éloignerait d’une vie réellement vécue. Ce qui sera ici écrit ne sera pas séparé de ce qui aura été directement vécu. L’histoire individuelle est parfois le reflet d’une histoire commune dont les mots manquent pour qu’elle puisse être transmise et qu’ainsi le temps redevienne nôtre.

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