Édito

Par-delà les mouvements sociaux

L’économie enflamme les conditions d’existence et généralise la suffocation des âmes mutilées. La CGT tente de créer un mirage, celui d’un énième mouvement social. Les milieux radicaux sans boussole prennent ce mirage comme l’espoir de retrouver leur fragile existence d’antan. Pourtant un mirage reste un mirage, il n’est que le fruit d’une illusion d’optique. Résultat, le retour d’un plan de perception usé en manque constant de souffle. L’incapacité chronique de faire le constat des échecs passés (pourtant bien récents) qui nous conduit tous à « la soumission totale à l’état de choses, son acceptation sans réserve ».

Il était encore une fois la société

Un jour exclus, un jour inclus. La société tient encore. Sa désintégration a été une nouvelle fois ralentie. Un peu plus de deux années que la société a repris ses forces, ranimant son emprise sur les corps sans trop rencontrer d’adversité. Un grand silence s’est installé rendant peu audibles les quelques paroles de vérité. Le mensonge était peut-être plus commode pour vivre. La société s’est voulue cozy : elle voulait simplement prend soin de nous. Et pourtant, ce soin que la société promis s’est révélé un pouvoir bienveillant qui tend à nous garder en elle par le maintien de la machine sociale. Tant que la machine fonctionne, les rôles sociaux tiennent dans leur terrible opacité.

Santé et extinction

Dans la civilisation de la maladie, la santé à une place déterminante dans le bon fonctionnement de la gouvernance. La santé est une condition nécessaire au pouvoir pour se maintenir. Dans tout l’arsenal de dispositifs policiers et sociaux que met en place l’appareil d’État, la santé publique nous intéresse ici tout particulièrement. Car elle coïncide avec les sordides guerres nationales.

Un spectre nommé communisme

Un spectre hante le monde : le spectre du communisme. Face à un monde où tout est devenu spectral, étranger à nos âmes, le spectre du communisme tend à réparer notre participation au monde, redonner un souffle aux âmes perdues. Il pose la seule question souhaitable, celle du communisme. Son histoire est éparse, ses origines sont diverses et encore discutées. On peut remonter ses origines au Livre des Psaumes pour y entrevoir une esquisse communiste. L’histoire du communisme ne peut se résumer à Marx. Avant lui, les babouvistes définissaient déjà un « communisme unitaire » (Théodore Dézamy) et festoyaient au sein des fameux « banquets communistes » de Belleville. Avant cela, en 1835, les babouvistes se qualifiaient encore de « communautistes » avec le fragment énigmatique du jeune Hölderlin intitulé : Communismus der Geister (« Communisme des esprits », 1798). Ce fragment aux mots mélancoliques transmet son sentiment d’étrangeté au monde. Hölderlin dessine une tentative extraction de cette étrangeté par un Communisme des esprits.

La fin du monde n’est pas une fin

Qu’importe les saisons, elles-mêmes déjà disparues. Incendies, sécheresses, et autres phénomènes dits « climatiques » s’accentuent aux quatre coins du globe. De la Californie à la Grèce, en passant par l’Inde, les conséquences du ravage universel sont visibles à tous. Les projections du GIEC n’annoncent rien de bon sous le soleil du capital. Trois ans nous annoncent-ils, avant que ne soit trop tard. Peut-être qu’il est déjà trop tard pour le fameux sursaut.

Élégie de liberté

Depuis plus de deux ans, nous sommes à terre, gisant sur le sol, incapable de se relever dignement. Les gens sont allés voter de la même manière qu’ils sont allés se faire vacciner, ils ont cédé au chantage dans une résignation généralisée, marquant dans leur chair cet état d’impuissance. Nous prenons coup sur coup, le Covid, la guerre froide, l’élection présidentielle, et dès cet été nous reprendrons bien une savate de la part du gouvernement. Certainement, dans un premier temps, une réforme des retraites, puis en un second temps un retour du pass sanitaire. Tous ces coups sont le moyen de maintenir une pression sur les corps. Rendant impossible de se relever pour les rendre. Pourtant, il y a eu un moment où la pression s’est relâchée en février dernier.

Démocratie et fascisme, un cercle commun

La guerre froide est de nouveau visible aux yeux de tous en Europe, faisant de l’ombre à l’élection présidentielle française. À l’évidence tout le monde se contrefout de cette élection. Plus personne d’un tant soit peu lucide ne croit à la démocratie. Une élection ne change pas grand-chose, elle change surtout une façon de communiquer sur une façon de gouverner. Les scandales sortent et se ressemblent. Le cabinet McKinsey « conseille » ou plutôt dicte la marche à suivre au gouvernement français depuis Sarkozy en passant par Hollande et aujourd’hui le misérable Macron. Il ne faut pas s’inquiète de revoir leurs noms ou le nom de certains de leurs employés dicter le mandat présidentiel qui vient.

Marxisme hérétique

Avec la réédition de certains textes de Dionys Mascolo, une petite actualité s’est ouverte. Dans ce numéro, nous proposons une modeste contribution à cette actualité. Nous nous permettons d’élargir le spectre de cette actualité par la présence de quelques autres marxistes hérétiques. L’enjeu n’est pas de ressusciter le marxisme, mais de comprendre certain de ses gestes, de ses logiques, de les saisir comme des outils à agencer avec d’autres éléments dynamiques, pour porter un impact historique.

Lien d’ombre conspirative

L’horreur est survenue ! La gauche et les nouveaux chiens de garde de la « raison » transpirent face à la sortie d’un livre. Tous sont allés de bon cœur pour attaquer et discréditer ce livre qui les effraie tant. Pourquoi ont-ils autant peur de ce livre ? Car ils ont peur de voir page après page leur pensée objective se fissurer de toute part.

Pourquoi lire Agamben ?

Alors que toute interrogation critique est ramenée sur l’enfant terrible du complotisme, qu’il devient impossible de trouver le moindre espace à la critique d’une gouvernementalité toujours plus aboutie, c’est précisément ce que nous proposons de questionner avec ce premier numéro.