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Édito

Entêtement en librairie

La revue en ligne Entêtement est née en janvier 2022, sur un coup de tête, dans une situation politico-éthique étouffante. Elle s’est déployée tous les mois, et continue de le faire toutes les saisons. Il s’agissait de donner à lire des textes et des penséees qui ne passaient plus. La revue est maintenant disponible en librairie aux Éditions PLI.

Acclamatio

Édito
Dans Le règne et la gloire, Giorgio Agamben tente de dégager deux éléments constitutifs du pouvoir en Occident. Il serait l’articulation entre l’oikonomia, le pouvoir comme gouvernement des hommes et gestion efficace, et la Gloire, le pouvoir comme royauté cérémoniale et liturgique. Il se posait alors la question : pourquoi le pouvoir a-t-il besoin de la gloire ? Il se proposait alors de se faire l’artisan d’une étude archéologique de ces concepts. Au cours de cette enquête, il apparaît un élément tout à fait significatif, qui semble pourtant n’avoir suscité que peu de commentaires, c’est la place de l’acclamation.

L’Empire contre la vie

Édito
Il n’y a pas à douter que l’on assiste actuellement à un tournant de l’histoire : un basculement radical dans la destruction généralisée des multiplicités de formes de vie. Depuis plus de trois années, l’Empire mène une gigantesque contre-offensive contre les potentialités de bouleversement de la sensibilité générale. Car l’Empire est le maintien des dispositifs de l’État moderne, et tout État moderne repose la condition d’une entreprise « impériale ». Cela a été bien intégré par les deux puissances historiques en concurrence que sont les États-Unis et la Chine, afin de réaliser leur objectif : devenir l’hégémonie mondiale.

L’Appel, ceci est un commencement

Édito
Il y a vingt ans s’échangeait clandestinement, de proche en proche, un texte majeur : Appel. Ce texte fut tout autant un grand bouleversement de la sensibilité qu’un schisme. La tentative nécessaire de donner forme à une puissance sensible et située, capable de se défaire de la civilisation. Celui-ci s’adressait à toutes les personnes partageant des évidences communes : déserter le social, faire sécession, refuser la temporalité de l’urgence de la catastrophe, fuir le désastre de l’activisme, s’organiser en conséquence. Depuis sa publication, ce texte continue de mettre en crise les milieux autonomes, anarchistes et militants, donnant lieu à une multitude de fantasmes. La volonté farouche d’exorciser ce spectre nommé « appeliste » qui les hante n’est que la tentative de sauvegarder leurs précieux crédits sociaux de radicaux et de continuer d’ériger leur inconsistance éthique

Errances

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Dans une époque où l’inclination à la soumission étatique a repris de l’aplomb, l’errance est devenue l’expérience commune d’une génération. Les âmes errent hors de leurs lieux, éloignées du monde sensible. Et certaines préfèrent continuer de s’enfoncer un peu plus dans une errance tragique. À force de petites manigances politiciennes, les communicants peuvent prétendre créer un soulèvement, il n’y a pas l’ombre d’un tremblement, juste la répétition paradigmatique du pouvoir et la perte de toute sensibilité au profit d’une stratégie politicienne de gauche. Cette situation funeste a permis le retour au premier plan des pensées étatiques. La mode de l’écologie n’y est pas pour rien dans cette histoire, elle est même le point crucial du déploiement du pouvoir environnemental.

À sens unique ?

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À l’aube d’un tournant historique, une ligne mortifère se trace. Celle d’un conflit militaire ouvert entre le camp des États-Unis et celui de la Chine. L’administration Biden se prépare à entrer en guerre contre la Chine. Deux projets vont s’affronter pour la domination mondiale : celui d’un monde multipolaire chinois, et celui du monde unipolaire des États-Unis. Les regards se tournent vers l’océan Pacifique, où les États-Unis construisent une alliance transnationale pour encercler la Chine et préserver leur hégémonie mondiale. L’hypothèse d’une nouvelle guerre mondiale n’a rien de réjouissante.

La sensibilité en mouvement

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Le gouvernement continue son horrible plan néolibéral coûte que coûte. Économiser encore plus l’existence, rendre inopérantes les possibilités de s’extraire de cette logique, prolongeant une nouvelle fois la « stratégie du choc ». Personne n’échappe à cette situation. La résistance en est ainsi amputée matériellement. Il a fallu un énième 49.3 pour voir une éclaircie, certes brève, mais néanmoins précieuse. Sortie du dispositif manifestation, une forme éphémère a pris forme : celle des déambulations nocturnes à coup de poubelles enflammées profitant de la grève des éboueurs.

Les arcanes de la Métropole

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Le continuum du désastre suit son cours. Une ambiance macabre plane sur le monde, l’hypothèse d’une troisième guerre mondiale prend un peu plus d’ampleur. Cristallisant les angoisses passées, les expériences traumatiques moins lointaines sont comme une force annihilant les dynamiques des forces historiques. La Métropole est quant à elle l’environnement infrastructurel d’accentuation de cette annihilation des dynamiques. La domestication effectuée par le premier confinement et les autres mesures sanitaires ont renforcé les dispositifs de la Métropole.

Dépossession, tactique et ontologie

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L’état général des forces historiques est acculé à un état de pleine dépossession. Cet état correspond à un environnement qui maintient les forces historiques dans l’incapacité physique d’aller au contact. Seulement obligé à prendre des coups. La dépossession est le mode opératoire de l’Occident pour lui permettre de garder le monde sous son joug : approfondir la mutilation de la singularité des existences et leur condition de vie. Privés du partage de leur expérience, incapables de vivre une expérience de vérité, les dépossédés vivent la capture du rapport au temps et le ravage des conditions matérielles des formes de vie. La dépossession n’est pas une fin, elle est le point de départ du combat à mener, certes avec son lot de difficultés, selon la singularité du point de départ. Cet état ne doit plus paralyser, mais alimenter la rage contre nos adversaires, animer le besoin du monde.

Alchimie du langage

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Dans l’abîme où nous sommes plongés, nous traversons des strates d’opacités. Essayant dans cette obscurité d’arracher la capacité de voyance. Cette capacité correspond à la faculté de percevoir l’éclosion de forme, et par la suite d’être capable d’agir. C’est l’ambition de retrouver une attention à la proximité pour ainsi voir plus loin, percevoir l’horizon. Sans le partage de cette aptitude, la question du communisme se résume inlassablement à la répétition de la mutilation éprouvée dans l’expérience d’une communauté terrible.

L’abondance de la gouvernance

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Les communicants de la politique ont annoncé la fin de l’abondance. C’est la fin d’un paradigme et le début d’un autre : celui de la pénurie. Néolibéralisme oblige, la politique de la crise règne toujours et son efficacité reste évidemment opérationnelle. L’annonce de la pénurie est une opération de tension permanente, c’est un mode de gouvernance. Le capital amplifie sa temporalité, celle constituée par la modernité comme unique temporalité possible : celle du calcul et de la gestion. La toile de l’économie du temps de la modernité provoque l’homogénéisation des différentes temporalités constituant les multiplicités de mondes, qu’il soit humain, animal, végétal. Nous n’échappons pas à cette soumission à l’amplification constante de l’urgence.

Par-delà les mouvements sociaux

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L’économie enflamme les conditions d’existence et généralise la suffocation des âmes mutilées. La CGT tente de créer un mirage, celui d’un énième mouvement social. Les milieux radicaux sans boussole prennent ce mirage comme l’espoir de retrouver leur fragile existence d’antan. Pourtant un mirage reste un mirage, il n’est que le fruit d’une illusion d’optique. Résultat, le retour d’un plan de perception usé en manque constant de souffle. L’incapacité chronique de faire le constat des échecs passés (pourtant bien récents) qui nous conduit tous à « la soumission totale à l’état de choses, son acceptation sans réserve ».

Il était encore une fois la société

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Un jour exclus, un jour inclus. La société tient encore. Sa désintégration a été une nouvelle fois ralentie. Un peu plus de deux années que la société a repris ses forces, ranimant son emprise sur les corps sans trop rencontrer d’adversité. Un grand silence s’est installé rendant peu audibles les quelques paroles de vérité. Le mensonge était peut-être plus commode pour vivre. La société s’est voulue cozy : elle voulait simplement prend soin de nous. Et pourtant, ce soin que la société promis s’est révélé un pouvoir bienveillant qui tend à nous garder en elle par le maintien de la machine sociale. Tant que la machine fonctionne, les rôles sociaux tiennent dans leur terrible opacité.

Extinction et Santé

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Dans la civilisation de la maladie, la santé à une place déterminante dans le bon fonctionnement de la gouvernance. La santé est une condition nécessaire au pouvoir pour se maintenir. Dans tout l’arsenal de dispositifs policiers et sociaux que met en place l’appareil d’État, la santé publique nous intéresse ici tout particulièrement. Car elle coïncide avec les sordides guerres nationales.

Un spectre nommé communisme

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Un spectre hante le monde : le spectre du communisme. Face à un monde où tout est devenu spectral, étranger à nos âmes, le spectre du communisme tend à réparer notre participation au monde, redonner un souffle aux âmes perdues. Il pose la seule question souhaitable, celle du communisme.

La fin du monde n’est pas une fin

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Qu’importe les saisons, elles-mêmes déjà disparues. Incendies, sécheresses, et autres phénomènes dits « climatiques » s’accentuent aux quatre coins du globe. De la Californie à la Grèce, en passant par l’Inde, les conséquences du ravage universel sont visibles à tous. Les projections du GIEC n’annoncent rien de bon sous le soleil du capital. Trois ans nous annoncent-ils, avant que ne soit trop tard. Peut-être qu’il est déjà trop tard pour le fameux sursaut.

Élégie de liberté

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Depuis plus de deux ans, nous sommes à terre, gisant sur le sol, incapable de se relever dignement. Les gens sont allés voter de la même manière qu’ils sont allés se faire vacciner, ils ont cédé au chantage dans une résignation généralisée, marquant dans leur chair cet état d’impuissance. Nous prenons coup sur coup, le Covid, la guerre froide, l’élection présidentielle, et dès cet été nous reprendrons bien une savate de la part du gouvernement. Certainement, dans un premier temps, une réforme des retraites, puis en un second temps un retour du pass sanitaire. Tous ces coups sont le moyen de maintenir une pression sur les corps. Rendant impossible de se relever pour les rendre. Pourtant, il y a eu un moment où la pression s’est relâchée en février dernier.

Démocratie et fascisme, un cercle commun

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La guerre froide est de nouveau visible aux yeux de tous en Europe, faisant de l’ombre à l’élection présidentielle française. À l’évidence tout le monde se contrefout de cette élection. Plus personne d’un tant soit peu lucide ne croit à la démocratie. Une élection ne change pas grand-chose, elle change surtout une façon de communiquer sur une façon de gouverner. Les scandales sortent et se ressemblent. Le cabinet McKinsey « conseille » ou plutôt dicte la marche à suivre au gouvernement français depuis Sarkozy en passant par Hollande et aujourd’hui le misérable Macron. Il ne faut pas s’inquiète de revoir leurs noms ou le nom de certains de leurs employés dicter le mandat présidentiel qui vient.

Marxisme hérétique

Édito
Avec la réédition de certains textes de Dionys Mascolo, une petite actualité s’est ouverte. Dans ce numéro, nous proposons une modeste contribution à cette actualité. Nous nous permettons d’élargir le spectre de cette actualité par la présence de quelques autres marxistes hérétiques. L’enjeu n’est pas de ressusciter le marxisme, mais de comprendre certain de ses gestes, de ses logiques, de les saisir comme des outils à agencer avec d’autres éléments dynamiques, pour porter un impact historique.

Lien d’ombre conspirative

Édito
L’horreur est survenue ! La gauche et les nouveaux chiens de garde de la « raison » transpirent face à la sortie d’un livre. Tous sont allés de bon cœur pour attaquer et discréditer ce livre qui les effraie tant. Pourquoi ont-ils autant peur de ce livre ? Car ils ont peur de voir page après page leur pensée objective se fissurer de toute part.

Pourquoi lire Agamben ?

Édito
Alors que toute interrogation critique est ramenée sur l’enfant terrible du complotisme, qu’il devient impossible de trouver le moindre espace à la critique d’une gouvernementalité toujours plus aboutie, c’est précisément ce que nous proposons de questionner avec ce premier numéro.

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