Position

La vie contre la psychiatrie

À l’heure où la biopolitique parachève son emprise sur nos existences, la situation que connaît la psychiatrie nous apparaît être un cas paradigmatique : alors qu’elle prétend se désinstitutionnaliser, la psychiatrie — qu’il s’agisse de son institution et son en-dehors — n’a probablement jamais autant été à l’avant-garde de la biopolitique.

L’autodéfense sanitaire, une biopolitique mineure

Errance d’un fiasco, itinérance d’une inconsistance. Constat sur l’autodéfense sanitaire. Passe-temps abstrait pour métropolitains angoissés et impuissants devant l’évidence de la situation : leur mode de vie produit par le monde techno-militaro-industriel offre une vie fragile. L’épreuve de vivre une vie fragile, c’est subir l’inclinaison à l’ordre, être déterminé par ces ordonnances. Quand certains réclament : « Il faut défendre la fragilité ! », il faut comprendre « Il faut défendre la société » ! Pour justifier cette horreur terriblement réactionnaire, les gauchistes retournent à la bonne vieille méthode moraliste du sujet, instrumentalisant les pauvres, les « handicapés », ceux que la société reconnaît comme faibles et parasitaires, reprenant alors le récit des gouvernants.

Vérité sur les radicaux qui votent !

L’élection présidentielle a révélé le véritable visage d’une grande partie des milieux radicaux, anarchistes, autonomes et antifa. Eux, trop souvent catégorisés par l’insulte de gauchiste, sont aujourd’hui bien des gens de gauche. La répétition continuelle de la France Insoumise de se dire « prêt à gouverner » devrait être un repoussoir naturel à tous les révolutionnaires. Il n’en a rien été, l’enseignement de Saint-Just a sonné dans le vide. La révolution n’est qu’une question d’apparence pour eux. En réalité, tous les militants radicaux qui ont appelé à voter pour Mélenchon révèlent le caractère profondément creux de leur apparence radicale.

Insurrections animales

À l’heure où le désastre ne fait que croître, des mouvements de résistance non humains s’intensifient. Le vivant n’a pas encore rendu les armes face au capital et à l’anthropocène. Le monde animal a, au fil des décennies, subi une accélération drastique de la destruction de ses milieux de vie. Devenant pour certains des prisonniers de Zoo en tout genre, reflétant enfin compte notre condition d’humanité. Parquer les animaux pour les préserver de leur extinction, révèle le véritable sens de notre conception de la vie. Incapable de prendre le mal à la racine, nous préférons « sauver » ces animaux de la mort, pour leur offrir avec humanisme une vie sans vie, c’est-à-dire une vie totalement soumise à la bonne volonté de l’économie. Cela ne vous rappelle rien ? « Qui voudra sauver sa vie la perdra » (Marc). Nous avons fait cette expérience regrettable d’un parc humain généralisé. Regarder sur son smartphone ou sur sa télé, des vidéos de sympathiques animaux pour soulager le vide affectif et existentiel toujours plus profond. 

La fin du monde n’est pas une fin

Qu’importe les saisons, elles-mêmes déjà disparues. Incendies, sécheresses, et autres phénomènes dits « climatiques » s’accentuent aux quatre coins du globe. De la Californie à la Grèce, en passant par l’Inde, les conséquences du ravage universel sont visibles à tous. Les projections du GIEC n’annoncent rien de bon sous le soleil du capital. Trois ans nous annoncent-ils, avant que ne soit trop tard. Peut-être qu’il est déjà trop tard pour le fameux sursaut.

Feu Macron, Feu Le Pen

Dimanche s’annonce l’énième repetita démocratique. Tous les salopards de première appellent au même chantage démocratique face à l’extrême droite. Nous ne céderons pas à ce chantage. Notre terrain de jeux n’a jamais été les urnes, notre terrain de jeu est la rue ! Prendre la rue implique une nécessité existentielle de premier ordre : combattre nos ennemis. Prendre la rue désigne aussi notre faculté sensible à tisser des liens, dans un désir de construire des bifurcations sans la gouvernance.

Traité du bon métropolitain

Tout le monde rêve de métropole, on quitte la campagne pour la métropole, on quitte la métropole pour étendre sa joie aux zones désertifiées par l’ennui de la ruralité sommaire. La métropole est l’environnement le plus parfait, tout peut de se connecter, tout est valorisable, tout s’enrichit en métropole, de réseaux, de culture. La jouissance est au cœur du projet métropolitain. Ceux qui n’ont pas eu la chance d’être nés en métropole le savent bien, la vie métropolitaine c’est la vie sociale.

L’hiver rampant de la guerre froide

La guerre est de nouveau sur le vieux continent. L’invasion de l’Ukraine par la Russie démontre une vérité qui semblait lointaine aux yeux des Européens. La guerre n’a jamais cessé, elle continue son gel des possibilités historiques. Un livre sorti en ce début d’année a fait ce constat bien avant l’opération militaire du gouvernement russe.

Antifascistes et anticonspiratonnistes dans tous leurs états

L’impuissance de l’indignation s’étend face à la présence médiatique de l’ectoplasme fasciste. En France, cet ectoplasme a pris racine sur le despotisme démocratique toujours plus accru, sa démocratisation prit un peu plus d’ampleur au cours de ces dernières décennies grâce à la sphère médiatique dirigée par ses nombreux sympathisants. On ne peut séparer démocratie et fascisme, les deux sont liées, l’un est le corps l’autre est son ombre. La démocratie et le fascisme ne peuvent exister sans l’économie.

Quatre positions de refus

J’irais jusqu’à dire que la stratégie du refus est quelque chose comme un dénominateur commun dans les positions critiques de la médiation politique. Bien que le refus puisse prendre plusieurs formes, j’ajouterais aussi que le refus est dirigé contre l’hégémonie au sens large (culturelle, politique, logistique, etc.). D’abord, le refus émerge de l’illusion que l’hégémonie contribue à toute véritable transformation substantielle ancrée dans le « réalisme politique ». Aujourd’hui, le réalisme est principalement employé comme un argument autonome visant à l’adhésion politique, même s’il ne fait que contribuer au statu quo et à la paralysie.